lundi 28 mars 2011

Dans la nuit du débarquement

Geneviève Duboscq

http://32.img.v4.skyrock.net/32a/x-bouquineuse-x/pics/630653362.jpg5-6 juin 1944. Geneviève a douze ans lorsqu'elle assiste, incrédule, au largage de la 101e division aéroportée sur Sainte-Mère-Eglise. Le débarquement que toute la France attend est arrivé, juste sous ses yeux ! Mais les parachutistes étant en grand danger, Geneviève et son père parcourent en barque les marais et sauvent la vie de 350 soldats américains.

« - S’il vous plaît, madame, je voudrais écrire un petit mot à ma famille. Auriez-vous une feuille de papier et une enveloppe ?
Son regard si triste devient suppliant.
- Je vais mourir aujourd’hui, madame. Je sais que je ne reverrai plus jamais les miens.
- Quelle idée ! Vous n’avez pas fini de dire des choses pareilles ? Vous êtes en bonne santé, pour vous la guerre est finie. Alors pourquoi voudriez-vous mourir ? Votre femme ne serait pas contente si elle vous entendait.
- Les Américains, tout à l’heure, vont m’emmener. Je sais ce que cela signifie pour moi.
- Vous dites n’importe quoi. Les Américains sont des hommes d’honneur. Ils ne tireront pas sur un adversaire désarmé.
Maman a parlé fermement. Douloureusement, l’Allemand précise :
- Vous n’avez pas compris, madame. Ce ne sont pas les Américains qui vont me tuer.
Alors maman comprend. Elle cache son visage dans ses mains et s’écrie :
- Oh non, ce n’est pas possible ! Vous ne voulez pas dire que …
- Hélas, oui, madame.
Il sait, lui, que les Allemands qui le verront dans la jeep aux côtés des Américains vont le prendre pour un traître et l’abattre en priorité. A moins qu’ils ne fassent pas de différence et tirent d’office sur tout ce qui bouge. De toute façon, l’officier se sent perdu. Irrémédiablement.
- Voilà pourquoi je tiens à écrire une dernière fois à ma famille.
Posant sa main sur l’épaule de l’officier, maman soupire :
- Mon pauvre garçon, mon pauvre garçon, comme c’est bête, la guerre.
Je crois bien qu’ils pleurent tous les deux. » 


"Kerry et l'officier s'observent. Puis, spontanément, l'Allemand tend la main à l'Américain. Kerry hésite une fraction de seconde. Son regard croise celui de maman qui lui fait un imperceptible signe de tête. Le doux géant, alors, accepte la main tendue.
Les deux hommes se regardent longuement, amicalement. Chez nous, il n'y a plus d'ennemis. Il n'y a que des hommes qui souffrent."


"Fils d'Amérique, vos vies à mes yeux avaient un prix inestimable. Pourquoi vous a-t-il fallu payer un tel tribut pour nous rendre une liberté dont nous ne serons peut-être pas dignes ? Sans les menées de ce fou criminel qui a pour nom Adolph Hitler, quel aurait été votre destin, là-bas, près de vos familles, en ce beau pays d'Amérique ? Petits soldats, mes amis, je saigne de toutes vos blessures, je souffre toutes vos agonies et si je me remets tout de même à chanter, c'est parce-que vous m'avez appris la rude leçon, du courage et de l'espérance. Cette leçon, je ne l'oublierai pas."

Geneviève a douze ans, quand elle assiste à l'arrivée de parachutistes sur Sainte-Mère-Église. Le débarquement, que toute la France attend, est enfin arrivé, et juste à côté de chez elle. Geneviève et ses parents, gardes-barrière sur la ligne Paris-Cherbourg, n'ont pourtant pas le temps de prendre la mesure de l'événement historique qui est en train de se produire. Ils savent que les parachutistes sont en grand danger. le père de Geneviève va sauver, cette nuit-là, la vie de 350 parachutistes en allant dans les marais. Pendant ce temps Geneviève et sa mère soigneront les blessés et réchaufferont les parachutistes.
Le style est très bien et l'aventure historique mêle héroïsme et moments inattendus de tendresse. Un récit qui parle de la guerre, au travers de la vie de Geneviève, et nous parle de la vie en commun de blessés allemands et américains qui étaient logés chez les parents de Geneviève, étant gravement blessés. Geneviève va faire preuve de courage, de force, de sang froid et d'amour. Elle verra un allemand mourir dans ses bras, des hommes agonisants et tant d'autres choses qu'apporte la guerre. Cette enfant ne sera pas sans séquelle et ne pourra pas oublier. Un roman à lire, qui parle de la seconde guerre mondiale et de ses horreurs, un roman qu'on ne peut pas oublier.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire